|
[...]
Avec un peu plus de vigueur,
d’envolée, de courage, de sens
artistique, ils [ces sceptiques
ennemis du réel] souhaiteraient
passer au delà, et non
retourner en arrière.
Démarche
liminaire :
La tâche que, d’emblée, nous nous sommes
assignés consiste à créer un espace de
résistance. Avec, de surcroît, pour seul
garde-fou devant l’immensité du problème,
qu’au demeurant nous situons sur le
seuil du politique, un conditionnement
sur un mode binaire : se garder de la
nostalgie, fût-elle seulement le sublime
proto-évènement à quelque
existentialisme ou scepticisme
subséquent ; et ne pas céder, ou tout du
moins, se méfier de toute «pensée» ou «valeur»
dite universelle. Et encore, ces
conditions ne sont que pré-détermination
méthodique ; tout reste à déterminer.
Si, à l’unanimité, nous avons la vague
impression qu’une résistance est à mener,
nous n’en comprenons bien nous-même ni
la genèse, ni la pertinence. Mais qu’est-ce
au juste, que résister ? Et qu’entendre
par résistance ?
Se définit-elle
immanquablement par son objet ?
Suppose-t-elle une lutte corrélative ?
Ladite lutte se déploie-t-elle à travers
un problème à partir duquel elle
pourrait prendre forces et formes ? A
moins qu’il n’y ait, au creux de ces
diverses interrogations à peine
esquissées, des enjeux qu’il nous est
peut-être difficile de percevoir. Et
pourtant, nous ne sommes pas fous ; il y
a bien un problème, bien que pour le
moment insaisissable. En ce sens, nous
voudrions croire que ce groupe
constituera le motif à la possibilité
d’une saisie ; à nous alors d’en
inventer les modalités.
Cela étant dit, quoiqu’encore de façon
spéculative, il nous faudra renouveler
les outils de l’analyse afin que la
résistance, dont nous sentons bien l’urgence,
trouve les modalités de son énonciation.
Enonciation qui, dès lors, comme on
tentera de le voir, sera l’annonce de
problématiques mettant en jeu les
différentes manières de narrer le monde
et la transmission qu’elles appellent.
Cela pour répondre à une inquiétude
partagée, laquelle se cristallise et se
déploie dans ce projet séminorial.
Chaque séance s’ouvrira sur la
discussion d’un extrait de texte qui
servira de départ à l’interrogation ;
sera laissée une large place à la
discussion. Pour notre séance
d’ouverture, nous proposons la lecture
d’un texte de J.-P. Vernant et de M.
Détienne ; en l’occurrence un extrait de
leur ouvrage Les ruses de
l’intelligence, la mètis chez les grecs.
Par la suite, nous essayerons d’assumer
des chemins de pensée, qu’ils partent de
textes philosophiques ou non (Patocka,
Deleuze, Derrida, Foucault, Guattari,
Baudrillard, Rancière, Michéa, Salmon,
Stengers etc.). Et cela sans qu’aucune
compétence préalable ne soit requise,
entendu qu’il s’agit pour nous de
désamorcer ce que de prétendues
compétences impliquent de conséquences.
|