Présentation du Colloque

A l’heure de la montée des intégrismes, des communautarismes, il est nécessaire, pour la salubrité même de la pensée – par-delà les prises de positions passionnées – de faire retour ou tout au moins de réfléchir sur ce qui est souvent nommé « valeurs occidentales » ou « monde occidental ». Sur quel socle reposent-t-ils ? Les Lumières modernes semblent en être aussi bien l’origine que le fondement, accordant une place centrale à la raison, militant pour une égalité de tous, tout au moins quant aux instruments de connaissance, pour le recul de l’obscurantisme en faveur du savoir. Or, notre modernité n’est-elle pas par-là même hantée pas d’autres lumières, non pas celles du seul savoir mais de la foi ? Les lumières médiévales, fondant la raison sur la Révélation, qu’elle soit juive, chrétienne ou musulmane, ne viennent-elles pas hanter notre modernité et par-là même interroger son idéal de transparence, comme en creux de ses « valeurs » trop souvent insues ?

Ce sera le projet de ces journées : comment articuler foi et savoir, rationalisme et religion en tenant ferme leurs distinctions, sans abolir l’une des deux branches de la tension ? Quelle place peut avoir la religion dans la cité ? Comment articuler laïcité et pratique d’une religion ou, plus généralement d’une croyance, sans verser dans l’intransigeance ou le fanatisme ?

Ces journées tenteront d’apporter des pistes de réflexion au travers d’un questionnement, par des philosophes, sociologues et psychanalystes autour de trois thèmes : qu’entendre par « lumières juives médiévales » à partir principalement de la figure de Maïmonide ; l’influence des « lumières d’Orient » autour d’Al-Fârâbî, d’Avicenne et d’Averroès ; la question de la mystique rhénane, avec Strasbourg au cœur de son apparition. Chaque journée sera suivie d’un débat ancrant ces réflexions aussi bien dans nos interrogations contemporaines que dans la cité.

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