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Notre
moi n'est-il qu'une illusion,
une simple apparence
produite par une réalité
étrangère ? Est-il la
principale source de la
violence et de l'injustice ?
Ce sont ces préjugés
aujourd'hui dominants que ce
livre remet en question, en
distinguant du moi
narcissique et aliéné le «
moi vrai ». Il est temps
d'en finir avec cette
destruction de l'ego, cet «
égicide » qui règne sur la
philosophie contemporaine,
la psychanalyse et les
sciences humaines. La
critique de deux
maîtres-égicides, Heidegger
et Lacan, est le point de
départ de ce livre. Mais
cette critique ne suffit pas
: c'est une pensée neuve de
l'ego qu'il s'agit de
fonder, une « ego-analyse ».
Ce qui demande d'abord de
relire ce philosophe décrié,
Descartes, qui avait
découvert cette vérité
absolue que « je suis ».
Dans la dernière partie du
livre, nous approchons de
cet inconnu qui est moi.
Nous y découvrons un
moi-chair divisé et précaire
qui s'efforce de s'unir à
lui-même et de se donner un
corps, mais se heurte
toujours à la hantise d'un «
restant ». Nous pouvons
alors aborder l'énigme de la
rencontre d'autrui, celle du
passage de la haine à
l'amour, de la mort et de la
résurrection du moi. Nous
commençons enfin à
comprendre quelle est
l'origine de notre
aliénation, et à entrevoir
le chemin de notre
délivrance.
Jacob Rogozinski,
Le moi et la chair.
Introduction à l'ego-analyse,
Paris, Cerf, collection "Passages",
novembre 2006.
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