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La
pensée d'Emmanuel Lévinas
est incontournable dans les
débats contemporains sur l'éthique.
Le sujet y est d'emblée
requis par l'autre homme,
saisi d'une exigence infinie
qui outrepasse toute réponse
possible. Malgré cette
dissymétrie, est-il possible
d'esquisser une inscription
pratique de cette
responsabilité infinie ?
Comment penser la pluralité
des réponses à l'appel d'autrui
? Comment penser des
réponses certes
insuffisantes, mais
aiguillonnées toujours à
nouveau dans leur richesse
créatrice par l'excès même
qui les anime ? Chez
Lévinas, le traitement de
cette question semble
insuffisant. Cet ouvrage
entend dès lors rouvrir le
champ pratique des réponses
à l'appel d'autrui, tout en
maintenant l'asymétrie
fondamentale dégagée par
Lévinas. Dans cette optique,
Michel Vanni replace l'éthique
lévinassienne dans son
ancrage phénoménologique
(Husserl, Merleau-Ponty,
Heidegger), et la confronte
également à d'autres types
de pensées de la praxis (Arendt,
Ricoeur, Waldenfels). Fidèle
à la philosophie de Lévinas
mais déplaçant certains de
ses accents, cette approche
vise à rendre l'asymétrie de
la relation productive de
réponses plurielles. C'est
une description originale de
la praxis humaine qui se
dessine ici.
Michel Vanni, L'impatience
des réponses, Broché, CNRS
philosophie, avril 2004
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