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[Séance du mercredi 21 mars 2007]
Sur
BENJAMIN, La vie des étudiants
par Alexandre SAFDERI
Non,
notre printemps n’a pas été un Printemps
des révolutions
A défaut d’hirondelles, ce sont les
philosophes qui ont chanté en ce premier
soir de printemps (sont-ce des paons,
des pigeons ou des aigles ? Encore je ne
saurais répondre à de si « graves »
ques-tions). Peut-être pourra-t-on faire
le reproche au festival tonitruant, d’être
parfois trop sauvage, c'est-à-dire qu’un
jardinier ne serait par-fois pas de trop
dans les méandres abscons des jungles
philosophi-ques. Mais soit, disons qu’il
y a dans la prolixité amusante des uns,
toute la fraicheur d’une abondance
printanière, dont on ne saurait se
passer. Aussi ne soyons pas trop durs,
avec eux (du moins pas pour le moment).
Au dam de l’enthousiasme des férus, nous
ne nous prononce-rons pas ici sur le
texte de Walter BENJAMIN (texte duquel
se sont inspirés les intervenants), en
tant que cet article modeste est écrit,
non pour faire le résumé du texte (l’exposant
ainsi peut être à une cascade courtoise
d’avanies et de reproches quant à ce que
ce que j’aurais possiblement omis de
rapporter de ce qui, selon les uns
aurait été d’une gravité absolue, alors
que selon d’autres peut être infime et
même inintéressant) mais pour proposer
un témoignage mien c'est-à-dire n’impliquant
que moi-même, des séances auxquel-les j’ai
eu l’honneur d’assister. Aussi suis-je
rassuré en ce que, ne connaissant pas
l’art de me savoir lu posément, le
sérieux du lecteur qui se prétend vraiment
intéressé et n’ayant pas lu le texte, se
notera dans le seul geste que peu faire
ce lecteur (mise à part l’athlétique
activité de lecture) c'est-à-dire celui
de se rendre dans une quelconque
bi-bliothèque (gracieusement mise à
disposition par l’éducation natio-nale)
par exemple celle du portique (à l’université
Marc Bloch de Strasbourg, rue René
DESCARTES, 67084 Strasbourg) d’emprunter
l’ascenseur jusqu’au sixième étage, de
pénétrer dans la bibliothèque, a gauche
tout de suite et au bout de l’allée, au
rayon philosophique, Walter BENJAMIN, et
de lire gratuitement le texte (in œuvre
I, La vie étudiante, W. BENJAMIN). Tout
ne va-t-il pas au mieux dans le meilleur
des mondes où la connaissance est
gra-cieusement mise à disposition des
convives besognant tous pleins de
civisme ?
Peut-être pas, d’où l’intérêt, depuis un
texte (en l’occurrence ce-lui de
BENJAMIN) de discuter, ne serait-ce que
pour cerner au mieux les problèmes
majeurs, quant à une situation critique.
Et l’adéquation de la pensée de
BENJAMIN, est toute mani-feste en ce qu’il
s’attache à souligner l’implication
estudiantine dans quelque révolution ou
soulèvement au sein même d’un Etat, où
comme on le sait, la valeur
intellectuelle de l’enseignement qu’il
permet et prodigue à un corps
intellectuel, et de ce corps
intellec-tuel lui-même, détermine bien
souvent le « raffinement » et la va-leur
de son développement (ne sont-ce pas de
nobles valeurs et tout à fait utiles,
que celles produites par nos sagaces
facultés ?). Aussi ne saurait-on
négliger ce corps estudiantin, au cœur
de ce que devient l’Etat, de ce que
devient sa culture (qualité essentielle,
comme on ne peut s’empêcher de le
rappeler, d’une humaine identité c'est-à-dire
sensiblement autre que cette froide
bestialité des bêtes qui se dévorent
entre eux). Mais si BENJAMIN souligne
très justement l’implication
estudiantine dans l’évolution d’une
société, ce qu’il présente, ou du moins
laisse penser, soulève quelques embarras.
Notamment à l’égard de ce système
esthétique, comme on le nomma, édifié
entre les étudiants (BENJAMIN évoque
davantage le groupe des étudiants,
contrairement par exemple à KAHYATI, qui
comme nous l’avons souligné, avait
tendance plutôt à abstraire ce corps
estudiantin sous une figure idéale de L’Etudiant)
et les pro-fesseurs. Ce renversement des
statuts des étudiants par rapport aux
professeurs, et somme toute par rapport
à l’autorité pédagogique, faisant des
étudiants qu’il soient plus concrètement
engagés, peut être même davantage
institutionnalisés dans la structure
adminis-trative et institutionnelle de
l’université, suscite un certain
malaise. En effet comment, d'abord
comprendre ce que pourrait être cette «
vague d’étudiants entourant l’université
», et ensuite interpréter effectivement
ce que pourrait signifier une telle
action ? Dès l’introduction, les
suggestions de BENJAMIN provoquent un
cer-tain embarras, en ce qu’il est
difficile de saisir ce que BENJAMIN
entend réellement faire de la révolution
estudiantine et ensuite d’en étudier
nous même, l’implication actuelle.
Nul besoin là de mentionner la
communauté idéale platoni-cienne, comme
une institutionnalisation de la
philosophie au cœur de la cité, et
formant l’admirable et exemplaire
communauté de philosophes soudés comme
en une séraphique famille ; BENJA-MIN en
effet le fait lui-même dans le texte.
Mais alors s’est-on de-mandé, n’est-ce
pas finalement dans ce qui est dit, que
la douce rê-verie se retrouvant dans la
bouche de tous philosophes, faisant dans
l’utopie d’une cité idéale, la
philosophie comme principe et comme
fondement ?
Si l’aspect utopique, certes
enthousiasmant spécialement pour le
philosophe, est critiqué, il n’en reste
pas moins que, encore qu’il reste un
idéal, ce dernier est tout à fait
exemplaire, en ce qu’institutionnalisant
et ordonnant parfaitement la société, il
per-met ensuite de réaliser l’humanité (concept
introduit mais sitôt en-sevelie dans les
flots de l’éloquence, définissant peut
être ce que peuvent être les actes de
dignité humaine les uns par rapport aux
autres. Et si comme ce vieux Danton le
dit, l’éducation est après le pain, la
nourriture nécessaire du peuple, alors
les humanités sont ces doux copeaux de
beurre, et ces confitures savoureuses
que l’on tar-tine sur son pain).
Aussi, outre l’aspect idéal platonicien
des revendications de l’auteur, la
mélancolie (derechef la mélancolie,
influant déjà l’étude du texte de
KHAYATI de la première séance) se
manifeste, ou du moins s’exprime
implicitement ; d’antan, pour ne pas
rapporter trop diligemment l’expression
« du temps hégélien », la considéra-tion
de la philosophie, de l’étudiant et de
ce dernier dans l’université permettait
encore ce rapport communautaire de l’enseignement,
plaçant ainsi au haut de cette
communauté une sorte de lien spirituel,
enjolivant ainsi la communauté
intellectuelle dans laquelle la cohésion
et l’harmonie s’avèrent nécessaires. Cet
à ce niveau que nous pourrions
mélancoliquement estimer et criti-quer
l’actuelle situation, c'est-à-dire par
rapport à un idéal passé, dé-jà bref
dans l’histoire (mais n’y a-t-il pas là
justement quelque afflic-tion déplacée ?
N’est-ce pas regrettable et mauvais pour
l’avenir que de ne considérer ce dernier
que par rapport à ce que l’histoire
pas-sée isole définitivement comme ce
qu’une parfaite gorgone aurait pétrifié
d’un seul regard ?).
Quant à cette nostalgique impression
émanant du texte, il a fal-lut se
demander, d’où est-ce que prolifère
cette mélancolie, c'est-à-dire d’où
vient précisément que nous regrettions
cette fâcheuse et contemporaine
situation ?
Immanquablement, une houle se dressa là,
vigoureuse et char-gée de quelque
idéologie, d’amertume, notoirement
orientées contre ce fameux, puisque
affligeant selon les uns ou « moderne »
selon les autres, libéralisme.
Sanguinolent, le terme terrible est
lâ-ché, et alors à ce moment, qui fut
suffisamment attentif eut pu voir
certains philosophes, le regard
effectivement nostalgique, se passer la
main sur le menton, y cherchant quelques
poils pour se donner l’air de caresser
une barbe, grisonnante bien fournie. C'est-à-dire
que, peut être plus implicitement, il se
trame toujours cette sorte de conflit
idéologique (belliqueux aussi à certains
égards) entre libéra-lisme,
communautarisme, anarchisme,
totalitarisme, etc., etc.
L’aspect sectaire d’une philosophie, c'est-à-dire
essentiellement dirigée vers une lumière
idéale (pour ne point dire claustrée sur
elle-même), doit et dut ici être
bousculé, en ce qu’il lui est bien
néces-saire de se coupler à quelque
considération économique, politique,
géopolitique ou historique encore. Aussi
a-t-on détendu la bride de l’exercice
discursif purement philosophique, pour
une analyse plus concrète, c'est-à-dire
étant plus de l’ordre de la citoyenne
réflexion que de l’intellection a priori
et transcendante. Derechef, il me faut
respecter une certaine droiture
rédactionnelle, en ce qu’il serait
inapproprié à qui emprunte la mièvre
plume d’un scribe discipliné, de gratter
et d’emprunter de cette plume l’expression
d’un des res-ponsables de l’objet
considéré (en l’occurrence la réflexion).
Mais puisque la droite observation reste
encore la principale qualité du petit
scribe, je puis d’une manière ludique,
décrire le schème de l’apparente
controverse qui se présente, et s’est
présentée à moi, dans la discussion.
Disons que quant à cerner le caractère
problé-matique de la situation présente,
alors s’affrontent un grave Marx,
accompagné de son rejeton holiste KEYNES,
au libéralisme d’un Adam SMITH galopant
de part et d’autre du village planétaire,
no-tamment depuis 1789 ; toutes ces
figures sont en effet, encore toute
fraîche. Mais soit, laissons là les
tournures peu scolaires d’un sujet aussi
délicat, en ce moment même ceci dit en
passant.
Revenant, selon l’adage, à nos moutons (ici
estudiantins) l’hétérogénéité de sa
répartition dans l’université, ne
serait-ce qu’ici même à l’université de
Strasbourg, a clairement été soulignée
puis critiquée, en ce sens que ce corps
estudiantin, ou comme on l’a dit la
masse estudiantine, serait éparpillé et
démesurément disséminé se-lon les
sections, les disciplines, un peu dans
ce cas à l’image de la population
française agglutinée et entassée en de
grands axes géo-graphique (telle que la
« micropolis » de Paris, le périmètre de
notre hexagone et la région lyonnaise,
qui sont davantage des sortes de fosses
sournoises où s’affale notre cheptel
berné, car croyant pou-voir y consommer
et bénéficier de toute son « unique
qualité », la besogne) mais qui laisse
vide le centre de la France ou le bovin
s’adonne à de folles ballades dans les
près ou l’air pur est tant re-cherché
par les citadins s’époumonant. Ainsi l’effectif
estudiantin serait, premièrement répandu
inégalement, pouvant à terme en-traîner
éventuellement la disparition de certain
domaine, de cer-taine discipline
capitales et majeures, non dans l’importance
de son effectif mais dans la valeur de
ce qu’elle peut apporter à la société.
Aussi peut-on voir par là, comme ce qu’a
sûrement voulu ap-puyer l’auteur, l’implication
et la responsabilité du corps
estudian-tin et de son évolution dans la
société. Car a fortiori, selon ce qu’empiriquement
nous pourrons et avons pu observer par
l’histoire, la disparition des milieux
intellectuels (en l’occurrence dans
notre démarche philosophique je site le
corps proprement « intellectuel » mais
ce vaut pour bien d’autre discipline
probable-ment) se présenterait comme la
corruption d’une qualité essentielle à
notre nation civilisée et faisant de
nous que nous ne sommes pas encore dans
la situation où, motivés par la pression
professionnelle, nous serions conduit à
vouloir dévorer notre voisin,
possiblement rival ou candidat à l’obtention
d’un poste qui serait présenté, par qui
profiterait d’un tel système, comme le
miracle mirifique dévoi-lant
financièrement l’accès au paradis bon
marché d’un monde ca-pitaliste. C'est-à-dire
que là, est en jeu l’intellectualisme
estudiantin et universitaire tendant à
disparaître au profit d’une
professionnali-sation manifeste,
elle-même effet d’un certain nombre de
causes qui ne saurions commenter encore
aussi promptement. Ainsi, outre le
problème de la répartition de l’effectif
estudiantin, c’est bien celui de son
statut et de sa fonction en évolution,
auquel s’est confronté peut être pas
tout à fait sciemment la discussion.
Mais s’inspirant de BENJAMIN, la
discussion s’est ensuite orientée
différemment, c'est-à-dire a considéré
ce corps estudiantin différemment, non
plus en tant que communauté, mais
davantage comme un regroupement d’individus,
où ces individus isolément pourraient
être considérés autrement. Plutôt que d’étudier
un corps, une masse estudiantine,
jugeant ainsi des mouvements rus-tres
d’une masse qui manquerait sans que l’on
sache précisément pourquoi, de mythes ou
de récits révolutionnaire, il serait
plus sub-til, ou du moins plus précis,
de regarder l’individu de la masse, c'est-à-dire
en considérant dans une perspective
individuelle ses propres désirs, (même
selon certains, ses tendances sexuelles
qui auraient évoluées dans le temps) ses
propres ambitions, etc. Et dans une
pa-reille perspective, où la masse n’est
plus considérée dans sa totalité mais
selon les éléments qui la composent, il
est alors possible de concevoir l’avant-garde,
c'est-à-dire ce corps dans la masse,
formé d’un petit nombre d’individu (et
pourquoi pas d’un seul par exem-ple. En
ce cas, marchant bravement et seulement,
cet avant-gardiste pourrait constituer
en sa propre personne ce fameux mythe ou
ré-cit révolutionnaire, en y incarnant
la figure d’un héro plein de bra-voure
etc. mais sur ce dernier point rien ne
peut être dit si soudai-nement, en tant
qu’empiriquement un bon nombre de
nations payent encore parfois les
dommages causés par une pareille
incarna-tion d’un héro idéologique). La
solitude du créateur (c'est-à-dire ce
créateur avant-gardiste de valeur
révolutionnaire, comme moteur de la
masse) pourrait être une force féconde,
en ce sens donc comme l’entendrait
BENJAMIN sous le concept d’Eros créateur.
Mais quoique dans cette perspective, la
passivité de l’étudiant peut être plus
précisément jugée, en ce qu’elle se
situe dans son rap-port au professeur
dans le cours magistral par exemple,
penser la révolution depuis le statut de
l’étudiant individuellement, ou même
collectivement impliquerait (du moins
c’est ce à quoi en est arrivé la
discussion) de l’étudiant une relation
d’aliénation, ici première-ment au sens
rousseauiste et hégélien, c'est-à-dire
comme la relation d’un individu dont le
choix, la volonté, l’indépendance
individuelle se substitue à une
dimension plus sociale, à une
détermination ci-vile et politique. Mais
si prise en ce sens, l’aliénation
s’avère proli-fique (en ce qu’elle est
un mouvement nécessaire de la conscience
séparée d’elle-même, vers l’extériorité
du « monde objectif ») elle ne l’est,
dans une perspective marxiste (on lira
au sujet de l’aliénation chez Marx,
surtout les textes de jeunesses) pas du
tout et faisons fi des détours
philosophiques, car la mise en rapport
du sujet à l’aliénation s’est ici
clairement placé dans une perspective
marxiste. C’est à dire que dans son
rapport au professeur, l’étudiant comme
le prolétaire n’a pas d’autre bien que
se force de travail, que son la-beur
intellectuel qui tombe ainsi sous la
domination d’autrui (serai-ce ici
véritablement le professeur ? dans le
cadre d’une communauté incluant
vraisemblablement le professeur, en tant
qu’il partage le savoir, et actuellement
même le professeur ne saurait être le
pro-priétaire faisant la plus-value dans
l’exploitation du labeur intellec-tuel
estudiantin, car le professeur lui-même
dénonce aujourd’hui ce rapport
arbitrairement institutionnalisé de l’éducation.
Peut-être, moi qui ne suis qu’un
étudiant, n’écris-je là qu’une fantaisie,
qu’en fait le professeur se satisfait de
sa grasse position institutionnalisée.
Certains intervenants sont d’ailleurs
allés en ce sens, en interpellant
directement les professeurs).
Enfin, les travaux précédents, notamment
ceux sur la concep-tion nietzschéenne de
« l’avenir de nos établissement d’enseignement
» nous permirent de mettre en rapport
les deux points de vue. Il a été observé
que contrairement à BENJAMIN qui d’emblée
faisait de l’étudiant qu’il soit
spontanément dans une perspective
révolutionnaire, NIETZSCHE quant à lui,
voyait dans le rapport de l’étudiant à
l’enseignement, et donc aux professeur
une contrainte manifeste et nécessaire,
en ce que même si une cer-taine rupture
devait se produire, cette rupture due à
la contrainte causée elle-même par le
rapport « impérieux » de la position
autori-taire du pédagogue à la figure
institutionnalisée, serait la source de
la pulsion révolutionnaire, du mouvement
puissant du soulève-ment. La contrainte
serait donc nécessaire et bénéfique en
ce qu’elle permettrait dans un premier
temps, de susciter le refus de l’étudiant,
puis au travers de la révolution qui
revendique quelque chose, son
affirmation.
En somme, en considérant soit le corps
estudiantin, soit l’individu étudiant
par rapport aux institutions
universitaires, c’est, ce me semble, l’aspect
pragmatique de la vie estudiantine qui
est mis en valeur. Ceci dans le sens où
c’est l’implication concrète de l’étudiant,
dans les institutions tant
administratives que politiques qui sont
proposées ici. Mais qu’en est-il de l’aspect
proprement in-tellectuel de la vie
estudiantine. Autrement dit, qu’en
est-il du sa-voir prodigué dans les
universités ? Il ne s’agit pas ici de la
manière dont est prodigué ce savoir mais
bien de ce savoir même. De quoi, ou de
qui dépend-il ? Comment est-il
institutionnalisé et dans quel but ? Si
BENJAMIN fourni plus ou moins une
réponse dans son texte, c’est là un
point qui n’a pas été dans la discussion
développé réellement (ou du moins
suffisamment et sinon maladroitement en
déviant sur d’autres sujets) Mais là
réside peut être tout l’enjeu de notre
problématique, car l’enseignement
prodigué, et ce non seu-lement dans l’université
mais dans tous les établissement
pédagogi-que, forment des citoyens en
leur inculquant des préceptes, un
sa-voir qui les déterminera tout au long
de leur existence. Aussi faut-il peut
être, pour envisager une révolution
ayant quelque profonde responsabilité (je
veux dire faisant d’elle qu’elle ne soit
pas une simple bouffonnerie, le cocasse
caprice d’un enfant en mal de l’autorité
d’un parent pas assez « cool »), réviser
les principes les plus profonds de ce à
quoi elle s’oppose. La révolution lutte
conter l’idéologie d’une nation, mais la
nation forme les citoyens au plus jeun
âge. Ainsi l’université n’est donc
peut-être qu’un enclos, qu’un vaste
abreuvoir pour un bétail pas si «
bouleversant » que cela.
Peut-être enfin fournis-je matière à
philosopher, je l’espère ; et c’est
ainsi sur l’espoir que je clos cet
article.
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