|
[Colloque "Cinéma et
Philosophie"]
14-16 octobre 2010
sous la responsabilité de Thibault Honoré, Renaud Paquotte, de Stéphane
Roth et de Francesco Paolo de Sanctis .
Institutions associées : Equipes
d'accueil "Philosophie allemande" et
"Approches contemporaines de la création et de
la réflexion artistiques" de l'Université de
Strasbourg, Cinéma
"l'Odyssée".
Argument :
« La philosophie du cinéma est tout
à faire », écrit Jean Epstein en
1923. A-t-on avancé en ce sens ? S’il existe de
très nombreux textes sur le cinéma, d’ordre
historique, biographique, technique ou encore
théorique, on compte peu de textes proprement
philosophiques.
Pourtant, le cinéma peut légitimement s’accorder
à la réflexion philosophique. Gilles Deleuze le
souligne au début de Cinéma 1, le cinéma, au
même titre que la philosophie, est une forme de
pensée. Le cinéaste, comme le philosophe, «
pense » — au travers d’un médium et d’une
technique qui lui sont propres, ceux de l’image
(la composition des plans et leur succession, le
cadrage et le montage). Tel est le présupposé
fondamental à partir duquel ce colloque voudrait
se construire. Cette manifestation se veut donc
une tentative de relier cinéma et philosophie,
une tentative de saisir l’unité conceptuelle
génératrice propre à l’expérience
cinématographique.
Plusieurs voies s’off rent à nous. Tout d’abord, celle de la
représentation philosophique au cinéma. Que ce
soit à travers l’illustration de thèses, de
thèmes ou de postures philosophiques, il s’agit
d’interroger le cinéma dans sa dimension
esthétique, dans sa capacité à créer et à
représenter idées et concepts. Cette perspective
pose aussi le problème du statut artistique de
l’oeuvre filmique. En cela, il s’agit de
dépasser le simple questionnement de la
dimension
« artistique », ou non, du cinéma, pour en
cartographier le topos. La deuxième voie
proposée est interne au cinéma. À savoir : le
cinéma pense-til ? Et plus précisément, en quoi
le cinéma se pense-t-il, comment se voit-il à
ses propres yeux ? Dans ce questionnement du
cinéma par et sur lui-même, les cinéastes
peuvent apparaître comme des penseurs fondant de
véritables courants de pensée ; c’est notamment
le cas de Bazin. Cette voie interne est aussi
celle qui concerne le cinéma dans sa réalité fi
lmique et technique propre. Ici, une réfl exion
sur la réalité cinématographique nous engagera à
nous pencher sur l’ontologie du dispositif
technique (pensons par exemple au développement
du « numérique », qui a sans doute défi
nitivement fait muter l’être du photogramme,
cette « ontologie de l’image cinématographique
», telle que la qualifi e Bazin). Enfi n, le
troisième axe de réfl exion correspondrait au
cinéma en tant qu’expérience
philosophique. Peut-on penser au cinéma ?
Peut-on penser avec le cinéma ? Peut-on penser
cinématographiquement ? Le cinéma comme médium,
comme forme artistique et/ou d’opération sur
l’espace et le temps engendre un monde, et avec
lui de nouvelles vérités. C’est bien dans cette
capacité créatrice du cinéma, unique, à la fois
image et mouvement, que réside sa puissance. Le
cinéma lui-même fait penser. Comme l’affi rme
Deleuze, le cinéma n’a d’objectif que « la
pensée et son fonctionnement ». Aussi, il
s’agira non seulement de comparer les
diverses théories philosophiques ou
l’instauration d’une vision du monde, mais aussi
de considérer le cinéma en tant qu’instrument de
la philosophie. Or, penser le cinéma comme
expérience philosophique revient aussi à poser
la question du lieu du cinéma, de la
réalité-autre des mondes qu’il crée, de son
ontologie propre.
Lieux : MISHA
Maison interuniversitaire
des sciences de l’homme – Alsace
5, allée du Général Rouvillois
67083 Strasbourg
Cinéma STAR
27 rue du Jeu des enfants
67000 Strasbourg
Télécharger le programme (.pdf)
Télécharger l'affiche (.pdf)
Entrée libre
dans la limite des places disponibles
|
|
|
|
|
|